La première fois que je suis entrée au cégep, c'était pour être comptable.
Après un an et demi de cours, je me suis aperçue que ma personnalité ne cadrait pas dans le décor. J'ai arrêté l'école pendant une session durant laquelle j'ai étudié l'espagnol, l'anglais
et un peu d'italien en autodidacte. Je m'installais à la bibliothèque du cégep, ramassais tous les dictionnaires et les grammaires nécessaires et je crayonnais pendant des heures. J'aimais
comparer le français aux autres langues. À la suite de cela, puisque je semblais aimer les langues, j'ai décidé d'être hôtesse de l'air.
La session suivante, je me suis inscrite en Arts & Lettres, profil langue, où je me suis appliquée à apprendre l'allemand... et les mathématiques. Parce que comme j'avais commencé des
études dans les années antérieures, j'avais déjà complété certain cours de base, ce qui me faisait un horaire trop allégé pour mon type de cerveau. J'avais donc exigé (oui, oui, exigé sous
peine de lâcher l'école : quelle naïveté !) des cours de mathématiques. De fil en aiguille, j'ai complété tous les cours de mathématiques disponibles ainsi que des cours de physique et de
biologie. Ces préalables m'ont permis d'entrer à l'Université de Montréal en mathématiques, ayant entre temps décidé qu'être hôtesse de l'air ne comblerait pas tous mes désirs.
Désillusion totale à Montréal. L'école est trop grande, les étudiants sont trop snobs. Combiné à quelques états émotifs particuliers, cette école ne m'a pas convenue. "Vire de bord sur un 10
cents". J'ai donc entrepris un DEP en décoration intérieure et étalage. J'obtiens mon diplôme et entre sur le marché du travail. Tout va bien, j'ai plein de belles idées jusqu'à ce que je
découvre le stress de la performance, le milieu particulier qu'est un monde de femmes (désolée les filles !) et la surcharge de travail. Burn-out oblige, j'ai "été faire dodo" à la
maison pendant quelques mois. Ensuite, avec l'aide d'un orienteur du Carrefour Emploi Jeunesse de Rimouski, je me suis recentrée sur mes
besoins, ma personnalité, mes visions du monde, ce qui me touche...Nous avons exploré les grands moments de ma vie, déterminé ce qui me faisait plaisir à ces moments et pourquoi et il
en est sorti qu'aider les autres faisait partie de mes grandes valeurs et que les mathématiques (même si à l'époque je les considérais comme un échec) avait toujours fait partie des choses
que j'aimais vraiment beaucoup. Avec un bac en mathématiques, qu'est-ce qu'on peut faire ? J'ai eu beau fouiller, je n'ai trouvé que deux principales possibilités : bifurquer vers
l'enseignement ou faire une maîtrise pour éventuellement faire de la recherche et enseigner en math. Faire de la recherche, ce n'est pas moi : le côté humain m'est trop important. Alors il me
restait l'enseignement !
La maturité vient dans les expériences, les épreuves, à travers l'âge. J'ai de moins en moins peur de la vie et me connais de mieux en mieux.
J'ai envie d'être en relation avec des jeunes, de leur transmettre des valeurs, des idées, d'enlever des préjugés, de les aider à avoir moins peur, à être plus confiants (Gros défi !). Tout cela
à travers une matière qui me passionne toujours autant : les mathématiques.